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Sibilla Peyre d'Arques: La construction motivée de l'expérience et de soi dans une déposition inquisitoire

Sibilla Peyre d'Arques: La construction motivée de l'expérience et de soi dans une déposition inquisitoire

Sibilla Peyre d'Arques: La construction motivée de l'expérience et de soi dans une déposition inquisitoire

Paul, Florence

York Medieval Yearbook, NUMÉRO 1, (2002)

Abstrait

À la fin du XIIIe siècle, le catharisme languedocien était presque entièrement éradiqué, mais la première décennie du XIVe siècle a vu ce que l'on appelle souvent le «renouveau d'Autier». Pierre et Guillaume Autier, deux perfecti instruits en Lombardie, ont en effet réussi à toucher un public remarquablement large autour du comté de Foix avec leur prédication «clandestine» entre 1299 et 1310, lorsque Pierre fut finalement condamné et brûlé - ils n'auraient pu manquer l'attention de l'Inquisition, et Geoffroy d'Ablis et Bernard Gui ont pris une part active à la traque de ces hérétiques et de leurs compagnons. L'année 1310 n'a cependant pas vu la fin des tentatives inquisitoires pour déraciner l'hérésie, et Jacques Fournier, évêque de Pamiers et futur Benoît XII, enquêta entre 1318 et 1325 sur un certain nombre de cas d'hérésie, dont beaucoup peuvent être considérés comme vestiges de la renaissance Autier.

Les dépositions enregistrées dans le registre Fournier se sont révélées d'un grand intérêt pour les historiens car, en plus des actions enregistrées dans les dépositions du XIIIe siècle, elles contiennent une extraordinaire richesse de détails relatifs aux croyances et pratiques sociales, et reflètent le nouvel intérêt de l'Inquisition pour croyances et motivations personnelles. Parmi ces dépositions, on trouve celle de Sibilla Peyre, d'Arques, déposant en novembre 1322, accusée du «crime d'hérésie», et plus précisément d'avoir tenté d'échapper à l'attention de l'inquisiteur d'un comté voisin. Bien qu'elle ait, quelque temps auparavant, avoué son implication passée dans l'hérésie à l'Inquisiteur de Carcassonne, elle l'a fait à nouveau à Jacques Fournier. Sa déposition raconte principalement des épisodes la concernant et l’engagement de son mari avec les Cathares, allant du début de cette implication à la confession volontaire de son mari à Lyon. Certaines de ses caractéristiques les plus frappantes, son rappel détaillé des sermons des Autiers et un incident impliquant le consolamentum de sa petite fille, apparaissent fréquemment dans des points sur, respectivement, la prédication des Autiers et la pratique de l'endura à l'époque ou attitudes cathares. aux femmes. Cet essai vise à considérer la déposition de Sibilla Peyre dans son intégralité, car une approche «fragmentaire» ne peut appréhender la place, la signification et la signification d’épisodes ou de remarques particuliers dans le texte.


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